Les facultés de médecine de Madagascar, implantées dans les six provinces, font face à un déficit criant de corps enseignant.

Des étudiants devant la faculté de médecine de l’université d’Antananarivo.

Un étudiant en 6e année au sein d’une université publique de province, déplore ses lacunes face à certains actes médicaux. « J’ai un zéro pointé en pratique de la médecine légale. Je ne l’ai apprise que de manière théorique. (...) Je n’ai jamais vu d’étudiant ou d’interne s’exercer sur cette matière», confiait-il hier. Dans un autre établissement, les futurs praticiens regrettent le décalage entre la théorie et la réalité du terrain. « C’est un médecin généraliste qui encadre notre stage en cardiologie, faute de spécialiste dans la ville. Le niveau est très éloigné des cours magistraux dispensés par le professeur titulaire», témoigne un interne. D’autres étudiants soulignent d’autres faiblesses : « Certaines disciplines sont enseignées par des assistants et non des professeurs agrégés. On ressent clairement un manque à ce niveau-là. »

Ces difficultés structurelles découlent directement de la pénurie d’enseignants. La filière peine à assurer la relève : nombre de formateurs, pourtant à la retraite, sont maintenus en poste pour soutenir des équipes réduites. « Le parcours pour devenir professeur de médecine est extrêmement long et beaucoup s’exilent à l’étranger », explique un enseignant. 

Même constat

Les six établissements du pays partagent ce même constat. Certaines matières se retrouvent orphelines, tandis que pour d’autres, un unique professeur doit couvrir l’ensemble des universités du territoire. Quelques disciplines ne comptent que deux ou trois spécialistes contraints d’enchaîner les déplacements d’une faculté à l’autre. C’est notamment le cas en néphrologie, neurochirurgie ou oncologie. « Il arrive que des assistants soient envoyés en remplacement des titulaires, ce qui nuit à la qualité de l’apprentissage», déplore un universitaire.

Un avis que ne partage pas l’un de ses confrères, pour qui le niveau d’instruction reste inchangé : « Il s’agit simplement d’un problème d’organisation, dont les enseignants paient le prix par une immense fatigue ».

L’arrivée des trente-cinq nouveaux professeurs agrégés en médecine humaine et odontostomatologie, censés renforcer les effectifs nationaux, ne suffira pourtant pas à combler le vide.