Le chef de l’État s’apprête à fouler pour la première fois la tribune des Nations Unies. Une étape importante pour la reconnaissance internationale du pouvoir de la Refondation.
| Photo du colonel Randrianirina lors de sa participation au Sommet international sur l’espace, à Paris. |
Une grande première. Le colonel Michaël Randrianirina s’apprête à participer pour la première fois à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Un déplacement qui marque une nouvelle étape dans la volonté du pouvoir de la Refondation de la République d’être présent sur la scène internationale.
Comme le locataire d’Iavoloha l’a indiqué au retour de son déplacement en France et en Belgique, la semaine dernière, ces déplacements consistent aussi « à affirmer que l’Etat malgache est un interlocuteur digne de confiance et qu’il y a un gouvernement qui travaille ». Après le Sommet international sur l’espace, à Paris donc, le Sommet des Nations Unies à New York sera le second rendez-vous international auquel l’officier supérieur prendra part ce mois-ci. La présence à ce rendez-vous, qui se tient presque un an après sa prise de pouvoir, dépasse le simple cadre protocolaire. Il s’agit d’une consécration des initiatives étatiques pour consolider sa crédibilité internationale.
La prise de parole du colonel Randrianirina à la tribune des Nations Unies offrira une visibilité mondiale au pouvoir de la Refondation de la République. Il s’agira aussi de faire entendre la voix de Madagascar sur les enjeux mondiaux et leurs répercussions aux niveaux régional et national. C’est le cas, par exemple, de la guerre au Moyen-Orient et de ses répercussions sur le cours du pétrole. Pareillement pour le changement climatique, d’autant plus que la Grande Île mise sur les financements climatiques, notamment le Fonds vert pour le climat, afin d’accélérer sa transformation énergétique.
Défi national
Cette 81e session s’est officiellement ouverte le 8 septembre et son débat général se déroulera principalement du 22 au 26 septembre. Le thème retenu cette année est « Restaurer la confiance, gérer les transformations : une Organisation des Nations Unies qui répond aux besoins de tous ». Sur le plan diplomatique, cette séquence peut également être lue comme une étape supplémentaire dans la normalisation des relations entre le pouvoir de la Refondation et les Nations Unies. Contrairement à l’Union africaine (UA), qui a exclu Madagascar de toutes ses activités, l’ONU n’a pas sanctionné Madagascar. Elle a néanmoins émis de vives réserves à la suite de la prise de pouvoir des militaires, le 14 octobre 2025.
Pour l’heure, la Présidence n’a pas publié le programme du chef de l’État durant son séjour à New York, ni la date de sa prise de parole devant l’Assemblée générale onusienne. Une indiscrétion confie néanmoins que le départ de l’officier supérieur est prévu en cette fin de semaine. L’ambassade de Madagascar aux États-Unis annonce qu’il rencontrera la diaspora dans le New Jersey, le 23 septembre. Il devrait toutefois être de retour au pays avant le 25 septembre. Une cérémonie d’État pour la commémoration du début des manifestations de septembre et octobre 2025 est en effet prévue ce jour-là. Des mouvements populaires qui ont débouché sur sa prise de pouvoir.
La coïncidence avec le contexte social actuel et celui d’il y a un an, justement, ne passe pas inaperçue. Madagascar connaît de nouveau de longues coupures d’électricité, alors que les difficultés d’approvisionnement en eau et en énergie figuraient précisément parmi les déclencheurs des mobilisations de septembre 2025. C’était, par ailleurs, dans le même contexte social tendu qu’Andry Rajoelina, ancien président de la République, s’est envolé pour New York, l’année dernière, afin de participer à ce qui allait être son dernier Sommet des Nations Unies. Il avait prononcé son discours à la tribune onusienne le 24 septembre 2025, quelques heures avant le déclenchement des manifestations du 25 septembre.
Un an plus tard, le contexte donne une dimension particulière au déplacement de Michaël Randrianirina. La reconnaissance internationale est certes une étape importante pour un pouvoir issu d’une rupture politique. Mais elle ne saurait, à elle seule, répondre aux attentes exprimées lors du mouvement de 2025. Le vrai défi est national. À l’approche du premier anniversaire de ces événements, plusieurs revendications demeurent au cœur des préoccupations. L’approvisionnement en eau et en électricité reste un défi majeur. À cela s’ajoutent les attentes concernant la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, les libertés individuelles et démocratiques ainsi que la conduite de la refondation de la République.




