Une quarantaine d’habitations et de commerces ont été détruits mardi à Sakaramy, dans le district d’Antsiranana-II. Le sinistre a également ravagé près de 400 hectares de forêts et de végétation.
| Avec les flammes puissantes, c’était une lutte profondément déséquilibrée. |
Dans la commune rurale de Sakaramy, située à 20 kilomètres de la ville d’Antsiranana, dans le district d’Antsiranana-II, le feu a ainsi trouvé, mardi après-midi, dans le vent un puissant allié, transformant en quelques heures une activité clandestine présumée en un sinistre aux conséquences humaines, économiques et environnementales considérables. Alimenté par des rafales particulièrement puissantes, le feu s’est propagé à une vitesse telle que les habitants ont eu très peu de temps pour réagir.
En quelques heures, une quarantaine d’habitations et de commerces ont été anéantis par le feu et près de quatre cents hectares de forêts et de végétation sont partis en fumée. Un bilan encore provisoire, auquel s’ajoute la perte de centaines d’animaux d’élevage. Selon les explications complémentaires du maire de la commune de Sakaramy, Solofonirina Ndrianasolo, les flammes ont également décimé une partie du cheptel local : plus de deux cents poulets et une vingtaine de porcs ont péri dans l’incendie.
Heureusement, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Mais derrière ce bilan humain préservé se cache une réalité autrement plus lourde. Citons le cas d’une jeune mère qui suscite une vive émotion. Dans l’incendie, tout ce qui était destiné à ses nouveau-nés a disparu. « Cet incendie a laissé près de trois cents personnes sans abri, désormais confrontées à une situation de grande précarité. Le sinistre n’a pas seulement détruit les habitations, il a également durement frappé les éleveurs, dont les pâturages ont été entièrement consumés par les flammes, compromettant ainsi l’alimentation du bétail et leurs moyens de subsistance », a-t-il ajouté.
La lutte contre le feu aura duré près de cinq heures, avec la présence d’une centaine d’éléments des Forces de défense et de sécurité Ankarana. Malgré les efforts déployés pour contenir les flammes, plusieurs foyers restaient encore actifs dans la soirée, faisant planer le risque d’une reprise.
Cinq heures pour contenir le brasier
Face à la fureur des flammes, le village n’avait pratiquement rien pour se défendre. Pas de motopompe, pas de lance à incendie, pas de dispositif adapté, seulement des bras, quelques seaux et des branches d’arbres improvisées en outils de fortune. Pendant que le feu gagnait du terrain, les habitants tentaient désespérément de contenir l’incendie avec des moyens dérisoires, au péril de leur sécurité. À quelques mètres d’un brasier capable de dévorer des habitations entières, des hommes et des femmes faisaient la navette avec des seaux d’eau, dans une lutte profondément déséquilibrée. L’absence des pompiers de l’Adema sur les lieux n’a pas manqué d’interpeller et d’émouvoir les habitants.
Il a fallu l’intervention des autorités civiles et militaires de la région Diana, conduites par le général de brigade Louis Francio Marovavy, pour renforcer les moyens sur le terrain. Alerté de l’ampleur de la catastrophe, celui-ci a mobilisé de gros camions et des camions-citernes, acheminant l’eau nécessaire aux « fokonolona » engagés dans la lutte. Une arrivée déterminante pour soutenir les habitants, jusque-là contraints d’affronter seuls un incendie dont la puissance dépassait largement leurs moyens.
La progression extrêmement rapide du sinistre s’explique notamment par les conditions météorologiques. Depuis trois jours, l’Alizé ou « Varatraza » souffle avec force sur Antsiranana.




