Une passion marque les fins de semaine dans certains quartiers de la cité du Soleil : le combat de coqs. Les mises peuvent être élevées et les coqs sont préparés et entraînés au prix de soins quotidiens.

Le combat des coqs peut durer une heure et cinquante-cinq minutes.

Les  coqs s’affrontent jusqu’à la victoire de l’un d’eux, pour faire gagner leurs propriétaires. Le combat de coqs reste à la fois un loisir et une activité prisée par de nombreux hommes et pères de famille à Toliara. À Betsingilo, un quartier situé à la périphérie de la ville, un terrain de combat existe depuis près de vingt ans. Le lieu appartient à Rasolofonarivo, dit Riri, qui raconte toujours avec plaisir son penchant pour cette pratique.

« Oui, on peut dire que les propriétaires gagnent de l’argent par le biais de leurs coqs. Mais pas que, c’est tout un loisir. Les coqs sont sélectionnés et entraînés pour devenir des combattants. Il leur faut des vitamines, du fortifiant, de la nourriture de qualité et suffisante. C’est de l’entretien quotidien et nous sommes toujours tout empressés de les emmener au combat en fin de semaine », explique-t-il.

Samedi dernier, en fin d’après-midi, deux coqs connus des habitués sont entrés en combat. En règle générale, une rencontre dure une heure et cinquante-cinq minutes. Les coqs sont familiers aux adeptes du lieu, qui viennent régulièrement les week-ends. L’un d’eux s’appelle Ferdinand. Son propriétaire a misé 100 000 ariary sur sa victoire. Mais Ferdinand s’est montré faible dès le début du combat. Pendant les répits d’une minute, accordés toutes les dix ou quinze minutes, son propriétaire lui rafraîchit la tête et le cou avec une éponge trempée dans l’eau ou lui asperge de l’eau.

Mais Ferdinand ne se redresse pas. Il baisse sa garde, tandis que son adversaire se montre plus fort face à son gabarit plus frêle. L’autre coq le pique à plusieurs reprises derrière le cou. 

 Des spectateurs crient au « patron » de Ferdinand d’abandonner et de faire retirer son combattant. 

Excitation

Le propriétaire, avec un rire, reconnaît que son coq est en difficulté. « Ferdinand va être consommé avec du gingembre en kilo car il a fini son parcours du combattant », dit-il. « Quand le coq s’avoue vaincu, il baisse la tête, il s’allonge par terre, il abandonne le combat en volant dans tous les sens, et des fois, il meurt en plein combat », explique Rasolofonarivo, dit Riri.

Après un peu plus d’une heure de combat, Ferdinand est finalement vaincu. Trop blessé pour relever la tête et trop faible pour répliquer aux attaques de son adversaire, il ne peut plus poursuivre l’affrontement. « C’est toute cette excitation qu’on ressent durant le combat des coqs qui fait que j’aime assister à ce genre de loisir », lance un spectateur. Lui aussi est venu tenter sa chance et attend un adversaire correspondant au gabarit de son coq.

Le propriétaire du terrain de combat de coqs de Betsingilo envisage désormais d’agrandir les installations en y aménageant des espaces VIP ainsi qu’un coin bar. « Quand nous organisons des challenges, la mise peut aller jusqu’à dix millions ariary, voire plus. Dans certaines formes de compétitions, les lots peuvent aller d’un zébu à deux millions ariary », souligne-t-il. Cette extension pourrait voir le jour prochainement. Le propriétaire des lieux perçoit en effet 10 % de la mise engagée pour chaque coq.