L’agriculture revient au cœur des priorités nationales. Le ton a été donné par le chef de l’État, à Antsirabe, samedi, avec la dotation de moyens aux agriculteurs afin de renforcer la production.

Le couple présidentiel visitant des stands  d’exposition, samedi.

Produire plus. Ce leitmotiv a été déclamé par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, face aux agriculteurs d’Antsirabe, samedi. Produire plus afin de ne plus dépendre des importations. Produire plus pour atteindre la souveraineté alimentaire. Produire plus afin que l’agriculture soit un moteur de développement.

« Depuis le début du pouvoir de la Refondation, il y a onze mois, nous n’avions fait que combler des brèches. Des brèches dans le secteur de l’Eau. Des brèches dans le secteur de l’électricité. Des brèches dans le secteur routier. Maintenant, nous allons changer de cap. Le pays est vulnérable puisque nous n’avons pas de politique suffisamment efficace pour soutenir les paysans qui composent 80 % de la population. Avec un secteur agricole fort, l’État sera fort. C’est la raison pour laquelle, à partir d’aujourd’hui, nous allons renforcer l’appui aux agriculteurs et au secteur agricole », déclare le locataire d’Iavoloha.

À Antsirabe, l’État a donné un aperçu de l’orientation qu’il entend imprimer au secteur agricole à l’échelle nationale. Tracteurs, équipements, semences, engrais et accompagnement des producteurs constituent les principaux leviers mobilisés pour moderniser la production et poser les bases d’une véritable souveraineté alimentaire. L’État a visiblement voulu démontrer la traduction en actes de cette ambition dans la capitale du Vakinankaratra. Onze tracteurs Massey Ferguson avec des charrues, des pulvériseurs, des rotavators, des semoirs et des remorques ont été remis samedi. Le but étant la mécanisation du secteur afin de pouvoir élargir les superficies cultivées, d’augmenter le rendement, mais aussi d’alléger la pénibilité du travail.

Modernisation

Le riz constitue l’un des principaux enjeux de cette politique. Aliment de base des Malgaches, il représente également une part importante de l’activité économique. Or, l’officier supérieur reconnaît que l’insuffisance de la production nationale oblige encore Madagascar à recourir aux importations pour couvrir ses besoins. 

« Il est triste que nous soyons encore obligés d’importer du riz. Au contraire, Madagascar doit en être un pays exportateur. L’agriculture doit être un levier du développement du pays », soutient-il alors dans son discours. Des mots qui affirment ainsi l’ambition étatique pour ce secteur.

La modernisation de la riziculture apparaît alors comme une étape incontournable pour atteindre la souveraineté alimentaire. À Antsirabe, l’appui comprend notamment 320 kilogrammes de semences de riz améliorées, auxquels s’ajoutent des semences de maïs, des engrais organiques et minéraux. Plus de deux cents agriculteurs d’Antsirabe devraient bénéficier directement de ces intrants. Le dispositif prévoit également deux cents vélos et des sacs à dos pour les paysans relais chargés de transmettre les techniques et d’accompagner les producteurs. Soixante bâches seront par ailleurs distribuées aux organisations paysannes afin de faciliter le séchage et de réduire les pertes après récolte.

La mécanisation devrait, quant à elle, dépasser le cadre du Vakinankaratra. Le dispositif est appelé à être déployé dans d’autres régions, notamment Melaky, Analamanga, Itasy et Anosy. En intégrant les matériels déjà disponibles auprès des opérateurs privés, les autorités tablent sur environ 11 000 hectares travaillés chaque année grâce à la mécanisation. Le but affiché dépasse la seule réduction des importations. À terme, l’objectif est de faire passer l’agriculture d’une logique de subsistance à une logique de production capable de dégager des excédents pour l’exportation, à en entendre le chef de l’État. Transformer l’agriculture, créer une chaîne de valeur, en faire un secteur générateur d’emplois et une source de revenus importante pour le pays est ainsi dans les plans.